Quelle motorisation pour un OVNI ?
Du moteur thermique à la propulsion électrique, les nouvelles voies de l’autonomie à bord
Sur un voilier de grand voyage, la motorisation est bien plus qu’une simple question de puissance. Elle participe pleinement à l’expérience de navigation et doit répondre à de multiples exigences : sécurité, autonomie, fiabilité, simplicité d’utilisation, maîtrise de l’énergie, confort à bord et, réduction de l’impact environnemental.
Chez ALUBAT, la gamme OVNI repose aujourd’hui sur une motorisation thermique Volvo de 50 CV : un moteur sur les OVNI 370 et OVNI 430, et deux moteurs sur l’OVNI 490. Une solution éprouvée au fil des navigations, fiable et parfaitement adaptée aux exigences d’un voilier de grand voyage.
Mais le monde de la plaisance évolue, tout comme les aspirations de ceux qui prennent la mer. De nouvelles attentes émergent, de nouvelles technologies se développent et, avec elles, de nouvelles façons de penser l’autonomie à bord.
Crédit photo : © Voilier Libre - Claire Dubois
L’autonomie énergétique, un nouvel enjeu du grand voyage
À bord d’un voilier conçu pour le long cours, les besoins en énergie n’ont cessé de croître. Dessalinisateur, réfrigération, électronique, chauffage, winchs, guindeau, propulseur d’étrave, appareils de cuisson : l’énergie est désormais au cœur de la vie à bord et de la capacité à voyager en toute autonomie.
La recherche d’autonomie devient donc un sujet majeur, particulièrement pour les navigateurs qui souhaitent s’affranchir des infrastructures portuaires et prolonger leurs escales dans les lieux les plus isolés.
Dans le même temps, une autre préoccupation s’impose : celle de réduire autant que possible l’impact de la navigation sur les milieux marins.
Le silence devient à cet égard un véritable atout. Il permet de limiter les nuisances sonores pour la faune marine et de profiter d’une navigation plus sereine, particulièrement appréciables lors des manœuvres de port et dans les mouillages.
Par ailleurs, l’accès aux espaces naturels protégés est amené à évoluer. Certaines zones pourraient progressivement restreindre, voire interdire, l’utilisation de moteurs thermiques. Réfléchir dès aujourd’hui à de nouvelles solutions de propulsion et d’autonomie, c’est aussi préparer les navigations de demain.
2023 : un client nous fait prendre le virage de l’électrique
Chez ALUBAT, l’innovation est avant tout une histoire d’écoute. Vos projets, vos attentes et vos expériences nourrissent depuis toujours notre réflexion et nous invitent à imaginer de nouvelles façons de naviguer.
En 2023, l’un de nos clients nous a ainsi demandé de concevoir son OVNI avec une motorisation électrique. Pour lui, ce choix constituait une condition essentielle à son projet d’achat.
Nous avons choisi de relever le défi.
Cette première réalisation nous a permis d’explorer concrètement les enjeux de la propulsion électrique appliquée à un voilier de grand voyage : intégration du système, gestion de l’énergie, recharge, alimentation des équipements et équilibre de l’ensemble du système.
Depuis, l’intérêt pour cette solution n’a cessé de grandir. Huit OVNI ont déjà été équipés d’une motorisation électrique, nous permettant d’enrichir notre expérience et de faire évoluer notre approche. Nous concevons la propulsion électrique comme un véritable système énergétique, pensé dans sa globalité et adapté à vos exigences de grand voyage.
BellMarine : une motorisation électrique pensée pour le grand voyage
Crédit photo : © Voilier Libre - Claire Dubois
La solution que nous proposons repose sur une motorisation électrique BellMarine, associée à un parc de batteries Lithium LiFePO4 et à un groupe électrogène. L’ensemble est conçu comme un système cohérent, où chaque source d’énergie contribue à l’autonomie et à la sérénité du voyage.
Sur un voilier de grand voyage, le groupe électrogène joue un rôle essentiel. Il constitue une source d’énergie complémentaire et une sécurité supplémentaire lorsque les conditions d’ensoleillement ou de régénération ne permettent pas de couvrir l’ensemble des besoins à bord.
L’objectif est de combiner plusieurs sources d’énergie :
- Les batteries Lithium LiFePO4 qui stockent l’énergie disponible et alimentent les différents équipements à bord ;
- les panneaux solaires qui assurent une production quotidienne et contribuent à préserver l’autonomie énergétique;
- le groupe électrogène qui prend le relais lorsque la production disponible ne suffit plus ;
- la régénération sous voiles, grâce à l’hélice qui transforme l’énergie du bateau en électricité dès 5 nœuds de vitesse sous voile.
Cette complémentarité permet de penser l’énergie à l’échelle du bateau dans son ensemble, plutôt que de considérer la propulsion comme un système indépendant.
La motorisation électrique devient ainsi une composante d’une architecture énergétique globale, conçue pour répondre aux exigences du grand voyage.
Matériau
Le choix du 48 volts
une nouvelle façon de gérer l’énergie à bord
L’un des intérêts majeurs de cette solution réside dans son architecture électrique en 48 V.
En augmentant la tension à puissance équivalente, l’intensité nécessaire diminue fortement. Les câbles peuvent ainsi être de section plus réduite, pour une installation plus légère, plus efficace et plus simple à intégrer à bord.
Mais l’intérêt du 48 V va bien au-delà du câblage. Cette architecture permet surtout de centraliser une grande partie des besoins énergétiques autour du parc de batteries principal.
Il n’est ainsi plus nécessaire de multiplier les batteries dédiées à l’alimentation de certains équipements éloignés, notamment à l’avant du bateau, comme le guindeau ou le propulseur d’étrave.
Une large part des équipements peut ainsi fonctionner directement en 48 V : guindeau, propulseur d’étrave, winchs électriques, dessalinisateur…
Pour les équipements qui restent en 12V comme les éclairages, les réfrigérateurs ou l’électronique, une batterie dédiée, toujours alimentée par les batteries 48V, assure leur alimentation.
Vers un bateau sans gaz
Cette architecture ouvre également la voie à une autre évolution importante : se passer du gaz à bord.
Avec une production et un stockage d’énergie suffisamment dimensionnés, la cuisson peut être assurée par des plaques à induction et un four électrique.
Une évolution qui simplifie la vie à bord tout en renforçant la sécurité : plus de bouteilles de gaz à stocker, plus de contraintes de manipulation et plus besoin de rechercher, selon les pays et les zones de navigation, l’adaptateur approprié.
Crédit photo : © Voilier Libre - Claire Dubois
Produire son énergie
plutôt que simplement la consommer
L’intérêt de cette approche réside aussi dans une nouvelle manière de penser l’énergie à bord. Les batteries ne sont plus seulement une réserve dans laquelle on vient puiser : elles deviennent le cœur d’un système capable de produire, stocker et restituer l’énergie en fonction des besoins du bateau.
Sur les OVNI équipés de cette technologie, les panneaux solaires jouent un rôle essentiel dans cette production quotidienne. Mais l’énergie peut également être récupérée en navigation.
Sous voile, l’hélice peut ainsi fonctionner en mode régénératif et transformer une partie de l’énergie produite par le déplacement du bateau en électricité. Le bateau produit alors de l’énergie tout en poursuivant sa route.
Cette capacité de régénération est particulièrement intéressante sur un voilier de grand voyage : après plusieurs heures ou plusieurs jours de navigation sous voile, une quantité significative d’énergie peut être ainsi récupérée et stockée dans les batteries.
Une approche qui fait de chaque mille parcouru une opportunité de produire l’énergie nécessaire au voyage.
Le silence
un nouveau confort de navigation
La propulsion électrique transforme aussi profondément la manière de vivre la navigation.
Par sa grande discrétion sonore, elle permet de retrouver une relation plus directe avec la mer et son environnement.
Au port, dans un mouillage ou lors d’une courte sortie, le silence du moteur change immédiatement l’atmosphère à bord. Les vibrations sont fortement réduites — la transmission restant assurée par une ligne d’arbre — et l’absence de bruit moteur laisse toute sa place aux sons de la mer et du vent. Même sous propulsion, la sensation de glisser sur l’eau demeure intacte : une navigation plus douce, plus sereine, qui rapproche naturellement du plaisir de la voile.
Cette discrétion constitue également un atout pour les milieux marins sensibles, en réduisant les nuisances sonores associées à la propulsion. Elle prend tout son sens dans les mouillages et les espaces naturels préservés, où la volonté de naviguer avec davantage de respect pour l’environnement est appelée à prendre une place croissante.
Du couple, de la puissance et de la précision dans les manœuvres
La propulsion électrique apporte une nouvelle sérénité dans les manœuvres, non seulement par sa discrétion, mais aussi par la disponibilité immédiate de sa puissance.
Les moteurs électriques développent un couple important dès les bas régimes.
Cette réponse instantanée se révèle particulièrement précieuse dans les situations qui demandent finesse et contrôle : ports étroits, marche arrière, approches à faible vitesse ou positionnements précis.
La puissance est immédiatement disponible, avec une grande progressivité, offrant au barreur une sensation de maîtrise particulièrement appréciable dans les espaces contraints.
Pour un dériveur intégral comme l’OVNI, appelé à naviguer dans des environnements très variés, cette précision constitue un véritable atout. La propulsion électrique ne se contente pas de déplacer le bateau : elle permet de le manœuvrer avec davantage de finesse et de confiance.
Le « motor sailing » : quand la propulsion vient prolonger la voile
La propulsion électrique offre également une possibilité particulièrement intéressante pour un voilier de grand voyage : le motor sailing ou l’art d’associer intelligemment la puissance du moteur à celle du vent.
Lorsque le vent faiblit et que le bateau perd progressivement de sa vitesse, une propulsion à faible régime peut venir accompagner la marche sous voile. En augmentant légèrement la vitesse du bateau, le moteur permet de recréer du vent apparent et permet aux voiles de retrouver leur efficacité.
Plutôt que d’affaler dès que le vent devient trop faible, les voiles peuvent ainsi rester établies et continuer à porter le bateau. Une faible puissance de propulsion peut suffire à maintenir une bonne vitesse, tout en conservant le plaisir d’une navigation essentiellement sous voile, dans le calme et le silence.
Cette approche prend tout son sens sur un voilier de grand voyage. L’objectif n’est pas de naviguer au moteur, mais de trouver en permanence le meilleur équilibre entre les conditions de vent, la marche du bateau et l’énergie disponible à bord.
La propulsion électrique se prête particulièrement bien à cet usage : sa puissance, immédiatement disponible et facilement modulable, peut être ajustée avec une grande précision, pour accompagner la voile lorsque c’est nécessaire. Puis, lorsque le vent se renforce et que le bateau retrouve naturellement sa vitesse, le moteur s’efface pour laisser toute la place à la propulsion vélique.
La puissance juste, au bon moment, pour prolonger la navigation sous voile.
Matériau
Une technologie
en constante évolution
Notre expérience avec les huit OVNI déjà équipés nous conforte dans cette direction et nous encourage à poursuivre nos recherches.
Car la technologie continue d’évoluer : les batteries gagnent en capacité et en efficacité, les moteurs progressent, les systèmes de gestion de l’énergie se perfectionnent et les équipements électriques sont toujours plus nombreux à bord.
Dans ce contexte, la réflexion ne porte plus uniquement sur le choix d’un moteur. Elle s’étend à l’ensemble de l’architecture énergétique du bateau.
Il n’existe pas une solution unique. Chaque projet appelle une réponse différente, en fonction du programme de navigation, du niveau d’autonomie recherché, des habitudes de vie à bord, des besoins énergétiques, du nombre de personnes à bord et des horizons que vous souhaitez explorer.
Chez ALUBAT, notre rôle est de vous accompagner dans cette réflexion pour concevoir une solution énergétique cohérente avec votre façon de naviguer et vos projets de voyage.
Une motorisation
à la mesure de votre projet
Chez ALUBAT, nous ne considérons pas la motorisation électrique comme une réponse unique destinée à remplacer systématiquement le moteur thermique.
Le moteur Volvo de 50 CV reste une motorisation éprouvée et adaptée à de nombreux programme de grand voyage.
L’électrique ouvre quant à elle de nouvelles perspectives pour les navigateurs sensibles au silence, à l’autonomie énergétique et à une approche plus globale de la gestion de l’énergie à bord.
Notre rôle est donc de vous accompagner dans ce choix pour déterminer la solution la plus adaptée à votre programme et votre façon de naviguer.
Et parce que les technologies continuent d’évoluer, nous continuons nos recherches avec la même exigence : mettre l’innovation au service de la liberté, de l’autonomie et du plaisir de naviguer.
Si vous souhaitez suivre des OVNI équipés de motorisation électrique, n’hésitez pas à consulter
Crédit photo : © Voilier Libre - Claire Dubois